On prépare un safari dans le Serengeti ou une semaine à Zanzibar, et la question tombe vite : quels vaccins faut-il, et que faire pour le paludisme alors qu’il n’existe pas de vaccin accessible aux voyageurs ? Le sujet mérite mieux qu’une simple checklist, parce que les exigences réelles dépendent de votre itinéraire, de vos escales et du contexte sanitaire local en 2026.
Fièvre jaune en Tanzanie : obligation réelle ou malentendu fréquent
La confusion revient à chaque forum de voyage. La Tanzanie n’exige pas le vaccin contre la fièvre jaune pour les voyageurs arrivant directement d’Europe ou d’Amérique du Nord. En revanche, un certificat de vaccination antiamarile est obligatoire si vous transitez par un pays où la fièvre jaune est endémique.
Concrètement, une escale à Nairobi (Kenya) ou à Addis-Abeba (Éthiopie) avec sortie de la zone de transit international peut déclencher cette exigence. Les contrôles à l’arrivée à Dar es Salaam ou au Kilimandjaro ne sont pas systématiques, mais un refus d’entrée reste possible sans le carnet jaune.
Pour les voyageurs qui enchaînent plusieurs pays d’Afrique de l’Est, la recommandation est claire : faites-vous vacciner au moins dix jours avant le départ. La protection dure à vie selon les normes actuelles de l’OMS, ce qui règle la question pour tous les voyages futurs.
Vaccins recommandés avant un voyage en Tanzanie
Au-delà de la fièvre jaune, l’Institut Pasteur et les centres de vaccinations internationales recommandent plusieurs vaccins en fonction de la durée et des conditions du séjour. Voici les plus pertinents pour un voyage en Tanzanie :
- Hépatite A : transmission par l’eau et les aliments contaminés. Recommandée systématiquement, même pour un séjour court en lodge.
- Hépatite B : transmission par le sang et les rapports sexuels. Pertinente pour les séjours longs ou les voyageurs susceptibles de recourir à des soins médicaux sur place.
- Typhoïde : recommandée pour les séjours prolongés ou dans des conditions d’hygiène précaires, notamment en zone rurale.
- Rage : à envisager si le séjour implique un contact possible avec des animaux (randonnée isolée, camping, enfants en bas âge).
- Mise à jour du calendrier vaccinal français (DTP, ROR) : un classique souvent négligé, mais les rappels périmés sont fréquents chez les adultes.
Le choix final se fait avec un médecin ou un centre de vaccination internationale, idéalement quatre à six semaines avant le départ pour laisser le temps aux rappels.

Paludisme en Tanzanie : pas de vaccin pour les voyageurs, une prophylaxie à adapter
C’est le point qui génère le plus de confusion. Les vaccins RTS,S (Mosquirix) et R21/Matrix-M, approuvés par l’OMS, sont déployés dans des programmes de vaccination pédiatrique en Afrique subsaharienne. Mais aucun de ces vaccins antipaludiques n’est disponible ni recommandé pour les touristes adultes se rendant en Tanzanie en 2026.
La prévention du paludisme pour les voyageurs repose sur deux piliers : la chimioprophylaxie (traitement préventif médicamenteux) et la protection anti-moustiques.
Chimioprophylaxie : quel traitement préventif choisir
Les molécules les plus prescrites sont l’atovaquone-proguanil, la doxycycline et la méfloquine. Le choix dépend de la durée du séjour, des antécédents médicaux et de la tolérance aux effets secondaires. L’atovaquone-proguanil est souvent privilégiée pour les séjours de moins de trois semaines, car elle se prend seulement une semaine après le retour. La doxycycline, moins coûteuse, impose une photosensibilité à surveiller sous le soleil tanzanien.
Les retours varient sur la tolérance à la méfloquine, notamment sur les effets neuropsychiatriques. Une consultation médicale préalable permet d’écarter les contre-indications.
Zanzibar : transmission en baisse, prophylaxie toujours recommandée
On lit parfois que Zanzibar serait « sans risque paludéen ». L’archipel a effectivement connu une baisse marquée du nombre de cas par rapport au continent tanzanien. Malgré cela, Zanzibar reste classé en zone de transmission active par le CDC et TravelHealthPro. La prophylaxie médicamenteuse et les mesures anti-moustiques y sont toujours officiellement recommandées.

Protection contre les moustiques sur le terrain
On sous-estime souvent l’impact des gestes barrières face au paludisme et à la dengue. Sur place, la protection mécanique et chimique complète la chimioprophylaxie.
- Répulsifs cutanés à base de DEET (concentration d’au moins 30 %) ou d’icaridine, appliqués sur les zones exposées dès la tombée du jour.
- Vêtements longs et clairs, imprégnés de perméthrine si possible, surtout pour les game drives au crépuscule.
- Moustiquaire imprégnée d’insecticide pour la nuit, y compris dans les lodges (la plupart en fournissent, mais vérifier avant le départ).
Le moustique Anopheles, vecteur du paludisme, pique principalement entre le coucher et le lever du soleil. Les moustiques vecteurs de la dengue (Aedes) piquent plutôt en journée, ce qui justifie une protection permanente.
Mpox et autres risques sanitaires en Tanzanie
La mpox (anciennement variole du singe) fait partie des préoccupations récentes pour la région. Le virus se transmet par contact étroit, y compris par rapports sexuels. Évitez tout contact avec des animaux sauvages ou des personnes présentant des lésions cutanées suspectes. Il n’existe pas de vaccination mpox systématique recommandée pour les voyageurs, mais une consultation pré-voyage permet d’évaluer le risque individuel.
Côté hygiène alimentaire, évitez l’eau du robinet, les glaçons, les crudités non pelées et les jus de fruits frais préparés avec de l’eau non filtrée. Ces précautions réduisent le risque d’hépatite A, de typhoïde et de troubles intestinaux, qui restent les problèmes de santé les plus fréquents chez les voyageurs en Tanzanie.
Dernier point souvent oublié : une assurance couvrant les frais médicaux et le rapatriement sanitaire est vivement recommandée. Les infrastructures hospitalières en Tanzanie restent limitées en dehors des grandes villes, et une évacuation médicale vers Nairobi ou l’Europe peut représenter un coût très élevé.
Le calendrier vaccinal idéal se prépare au moins un mois avant le départ. Consultez un centre de vaccinations internationales plutôt qu’un généraliste seul pour un avis complet sur les vaccins, la prophylaxie antipaludique et les risques spécifiques à votre itinéraire tanzanien.

